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10 avril 2011

« Plutôt que décroissance, il faut penser bien-être et démocratie »

Rapports Nord/Sud, modèles de production, Grenelle : l'agronome Marc Dufumier revient sur les défis du monde paysan.(Interview parue sur Rue89 le 31/07/2010)



Marc Dufumier n'a jamais la langue dans sa poche. Ni pour ses étudiants d'AgroParisTech, où il occupe la chaire d'agriculture comparée et de développement agricole, ni pour les politiques qu'il a abordé au moment du Grenelle de l'environnement.

Agronome bio, passé par le privé avant d'enseigner, il milite pour un « virage à 90 degrés » du monde agricole, tout en se méfiant de la décroissance. Entretien.

Nord et Sud

Pourquoi les agriculteurs du Nord ne parviennent-ils pas à nourrir l'humanité aujourd'hui, compte tenu des progrès effectués depuis cinquante ans ?

La réponse est facile : la faim naît de la pauvreté des gens du Sud.

Les agriculteurs du Nord sont, c'est vrai, excédentaires pour les produits de première nécessité (céréales, légumes secs, viande…). Ils pourraient donc nourrir le monde entier : il faut 200 kilos d'équivalent céréales par an pour nourrir un habitant, et la production mondiale totale est déjà de 330 kilos par habitant.

Mais voilà, les gens sont pauvres, dans les pays du Sud, mais aussi en France, aux Etats-Unis, en Argentine ou au Brésil. Les 130 kilos d'excédents vont ailleurs, vers des marchés solvables, comme les usines d'aliments pour bétail. Et depuis peu, une part de cette énergie alimentaire va aussi abreuver nos voitures sous la forme de bio-carburants.

C'est donc un déséquilibre chronique…

Oui, mais il concerne le système économique mondial, et pas seulement l'agriculture.

Les pays du Sud sont dans une compétition totalement inégale, une course entre un coureur à pied et un pilote de Formule 1 et où celui qui est subventionné, c'est le pilote !

Prenons un paysan de Casamance (Sénégal), qui repique du riz à la main :

Il cultive 0,5 hectare, avec un rendement de 1,1 tonne à l'hectare
Il produit 550 kilos de riz par an, quantité utilisée en partie pour les semences
La valeur ajoutée de son travail est donc de 0,5 tonne de riz par actif et par an
Un agriculteur de Camargue qui plante du riz avec son tracteur :

Il cultive 100 hectares, avec un rendement de 5 tonnes à l'hectare
Il produit 500 tonnes de riz par an, 400 servent à pauer les semences, le prix du diesel, des engrais…
La valeur ajoutée de son travail est donc de 100 tonnes de riz par actif et par an
Vous avez donc un rapport de 1 à 200 entre ces deux agriculteurs.

A Dakar, le paysan va essayer de vendre sur le marché le peu de riz qui lui reste pour acheter des produits de première nécessité.

Sur ce marché, son riz est en concurrence avec les autres riz (chinois, thaïlandais, vietnamien…) qui, tous, se vendent au même prix. Or, dans le sac de riz de Casamance, il y a 200 fois plus de travail que dans celui de Camargue. Donc, le paysan sénégalais ne pourra produire assez pour acheter ce dont il a besoin.

Pire : ceux qui s'endettent, à défaut de pouvoir épargner, sont obligés, au moindre accident climatique, de vendre leur terre et de s'exiler en ville.

C'est la raison pour laquelle l'Afrique achète une part croissante de son riz en Chine ?

L'Afrique achète surtout son riz (en fait des brisures de riz) au Vietnam et à la Thaïlande. Le prix de ce riz est indexé sur la productivité d'un travail hautement mécanisé, mais qui aussi nettement sous-payé.

D'ailleurs, depuis que la Chine est entrée à l'OMC, nous observons un mouvement massif d'exode des campagnes vers les villes côtières. Cela tient au fait que l'agriculture chinoise ne parvient pas à être suffisamment rémunérée.

Que pensez-vous de l'argumentaire des multinationales disant : « Les OGM vont pouvoir nourrir les pays du Sud » ?

La pauvreté est à l'origine de la faim. Il faut augmenter les rendements. La bonne question, c'est comment ? Est-ce que cela passe par les OGM ou plus simplement par « l'amélioration variétale » dans les pays pauvres ?

Là où l'on a réalisé la « révolution verte » en s'inspirant des pays du Nord, c'est-à-dire en améliorant les variétés cultivées, il faut aussi des engrais de synthèse et une protection phytosanitaire, avec des coûts monétaires et environnementaux qui explosent.

En gros, on devient plus dépendant de la pétrochimie. Et cela donne les exclus de la révolution verte.

Mais il y a des contre-exemples, non ?

Elle a réussi avec l'irrigation, le drainage et dans des exploitations familiales de taille moyenne. Dans le Penjab, l'île de Java, le delta du fleuve rouge, le Nordeste mexicain, certains coins d'Afrique australe… en fait partout où il n'y avait pas d'aléas climatiques, cela a marché.

Mais elle a eu un coût écologique, en introduisant la pollution, et elle a pesé sur l'équité sociale. Il ne faut pas renoncer à augmenter les rendements, mais autrement.

Changer de modèle

Justement, y-a-t-il d'autres voies connues ?

Oui, mais elles sont peu connues du grand public et souvent méprisées par certains agronomes, généticiens et technocrates.

D'abord, l'énergie alimentaire que nous dépensons, vient du soleil, via le mécanisme de la photo-synthèse, avec l'aide du carbone de l'air. Idéalement, il faudrait faire en sorte que pas un rayon de soleil ne retombe à terre.

Il faut aussi que la plante soit correctement alimentée en eau et pas trop exposée au vent. Il faut donc des haies, des arbres d'ombrage pour créer un micro-climat qui permette de poursuivre le plus longtemps possible la photo-synthèse.

Ensuite, on se nourrit aussi de protéines végétales. Pour cela, il faut de l'azote que l'on trouve dans l'air ou dans les légumineuses (trèfle, luzerne, haricot, arachide, soja, acacia), qui sont capables de fixer ce gaz pour fabriquer des protéines végétales.

Enfin, on a aussi besoin d'éléments minéraux, dans le sol, qui sont moins renouvelables. Certaines plantes sont capables d'aller chercher ces minéraux en profondeur dans le sol, pour les recycler ensuite dans la couche arable en éléments fertilisants. L'acacia, par exemple, permet de créer un micro-climat très fertile.

Il faut travailler en circuit court, sur la gestion des cycles de l'eau, du carbone, de l'azote et des éléments minéraux. Donc, en oubliant la monoculture, la « chimisation », les tracteurs, mais en travaillant sur l'association des variétés pour faire une agrobiologie renouvelable.

La décroissance

Croyez-vous en la décroissance ?

Je suis un militant, mais d'abord un scientifique. Les scientifiques n'ont ni croyance, ni dogme. Donc, je n'y crois pas, parce que je ne crois à rien. Est-ce que j'y adhère ? Au fond, je n'en sais rien.

Le mot « décroissance », comme la croissance, me déplaît. Serge Latouche dit que le meilleur terme aurait dû être l'accroissance, pour sortir de cette dialectique croissance/décroissance. Il nous faut plutôt penser bien-être et démocratie.

Vous pensez que la population serait disposée à consommer moins, du point de vue agricole ?

Oui, mais sous conditions. Est-ce qu'elle l'est maintenant ? La réponse est non. Si ce mouvement est militant, c'est qu'il est conscient que l'immense majorité des gens auraient intérêt à revoir la copie.

Un nombre croissant de gens souffrent de l'obésité, du diabète, du cholestérol, de cancers dont l'origine pourrait être lié aux excès de ce bonheur consommateur. C'est avéré dans le cas du cancer de la prostate à cause du chlordécone utilisé aux Antilles.

Les gens ne sont plus si heureux à surconsommer un certain nombre de produits. Donc, il ne faut pas exclure de sortir de cette addiction, comme pour la cigarette.

Pour l'agriculture, il faut un virage à 90 degrés. Les agriculteurs ne sont pas responsables de cette situation, même si certains ont crû que la vocation de la France était de nourrir la planète.

S'il y a une vocation, c'est de faire de bons produits, bons aussi pour la santé, en revenant aux principes fondamentaux de l'agronomie. Dans les urgences françaises, il faut reconstituer l'humus de nos sols, remettre de l'azote dans la terre par les légumineuses et rediversifier nos agricultures.

Politiques et syndicats

Vous dites que les paysans français ont été trahis par l'industrie, l'Etat et les syndicats…

Quand on discute, les agriculteurs me disent : « On a fait ce qu'on nous demandait, dans un marché où le client est roi. » Je leur réponds : « C'est vrai, mais entre vous et le client, il y a l'agro-industrie et la grande distribution qui formatent le comportement des consommateurs, souvent stupide dans les supermarchés. »

Les agriculteurs ont aussi souffert de l'amont : la recherche et les agronomes technocrates. « Améliorer un rendement », ce n'est pas scientifique, c'est un jugement de valeur. Le meilleur et le bien-être, ce n'est pas à l'agronome de le décider.

Quid des syndicats ?

Le syndicalisme majoritaire…

Vous voulez dire la FNSEA…

Oui… Elle a participé de ça, car certains y ont trouvé leurs intérêts, en faisant des choix de court terme. Regardez les algues vertes en Bretagne. Vous allez chercher de l'azote au Brésil, parce qu'on ne fabrique plus de fumier en Bretagne, cela part dans les cours d'eau pour faire des algues vertes sur les côtes : ça fait désordre, non ?

À qui la faute ? Au colbertisme centralisateur à la française ? Aux responsables politiques ?

Si ce n'était que le colbertisme à la française, ce ne serait pas grave. A Bruxelles, les lobbies sont très organisés et très puissants face aux responsables politiques. Ces multinationales de la chimie ont un poids exagéré dans les décisions, en exerçant un chantage à l'emploi très efficace auprès des politiques.

Les politiques ont-ils conscience de ce que vous expliquez là ?

Je côtoie des politiques de tous les bords et j'observe quand on argumente, qu'ils n'ont pas d'incompréhension. Personne ne me dit : « Vous avez tort. » Tous répondent : « Il faut être pragmatique, tenir compte de l'opinion publique telle qu'elle est aujourd'hui. » Tous m'invitent à ne pas être radical dans les propositions.

Je réponds qu'on n'échappera pas à une révision complète de la copie et que pour réussir ce virage, il nous faut l'adhésion de l'immense majorité des agriculteurs, des consommateurs et des citoyens soucieux de l'environnement. Il faut juste bien définir le cap et les progressions.

C'est peut-être une question de moyens…

On ne manque pas d'argent ! Tous les ans, il y a plus de dix milliards d'euros de subventions pour nos agriculteurs, soit l'équivalent du plan de sauvetage pour Haïti pour les cinq ans à venir. Si cet argent servait à financer des bonus à produire plus de légumineuses dans nos assolements, le bio pour les collectivités locales, les cantines des entreprises… pour rémunérer correctement les paysans.

Je suis aussi favorable aux malus, en taxant très fortement tout ce qui est très consommateur d'énergie fossile. Evidemment, pour les plus pauvres, il faut que cette taxe carbone serve de compensation financière, il faut donc en priver les 15% les plus riches au bénéfice des autres 85%.

C'est une sorte de bouclier fiscal à l'envers ?

Exactement. Il faut un courage politique fort, contre tous les lobbies. L'échec de la taxe carbone, c'est d'abord la responsabilité des politiques de tout bord.

La classe politique actuelle manque de courage ?

Si la classe politique manque de courage, c'est parce qu'elle est à l'écoute de l'opinion, parfois versatile et manipulable. Comme les médias. Le fétichisme de la marchandisation et l'ignorance de cette inégalité de 1 à 200 que j'évoquais tout à l'heure, c'est cette idéologie qui est l'origine de l'aveuglement des opinions.

Le Grenelle de l'environnement

Vous avez participé au Grenelle de l'environnement, dans le groupe qui planchait sur l'agriculture. Les promesses faites alors ont-elles été tenues ?

Globalement, la loi Grenelle 1 est passée à la quasi-unanimité. La loi Grenelle 2 était au rabais par rapport aux conclusions de l'accord. Et puis le plus important, ce sont les décrets et les arrêtés d'application. Et là, plus le temps passe, plus l'enthousiasme retombe…

Il y a eu des redditions : sur l'autoroute dans le Béarn, sur le réseau ferré qui se détériore. Les vraies décisions courageuses n'ont pas été prises, come la taxe carbone ou encore les droits de douane sur l'importation de soja brésilien.

Vous vous sentez dupé ?

Je ne regrette rien, pour deux raisons : ce fut un excellent moment dans le débat d'idées, dont certaines ont avancé dans l'opinion publique, les ONG, le personnel politique. Un moment intense et utile.

Aujourd'hui, je peux m'adresser aux politiques en leur disant : j'y ai participé, mais je n'aime pas du tout les retards de la mise en oeuvre de cet accord et je n'en comprends pas les raisons. Et si ça continue, je dirais que cela s'appelle une « trahison », que je n'avais pas besoin d'être humilié par un « show ».

L'écologie sera un thème central du débat d'idées en 2012 ?

Oui, ça l'est déjà. Un certain nombre de gens aimeraient bien que l'on étouffe ces affaires. Il y aura d'autres moments que 2012, c'est un combat à très long terme, car c'est un combat d'idées.

4 octobre 2010

"Flow", une cuisine en boucle !


Le projet s'appelle "Flow" et a été développé par John Arndt, de l'académie de design d' Eindhoven (NL).

Flow est ainsi basé sur le cycle et les flux (flow en anglais) que l'on peut retrouver dans une cuisine. Le système est ainsi fait pour que les déchets de certains éléments servent de nutriments à d'autres.

L'eau qui s'égoutte de la vaisselle (sans produits chimiques) tombe donc dans des herbes aromatiques ou autres plantes. Quand vous préparez des légumes, vous pouvez collecter les épluchures dans un bol inclut dans la table.

Vous versez ensuite le tout dans le bac à compost, et quand il est prêt, vous pouvez alimenter d'autres plantes, en recommençant un cycle.

Notre pain quotidien (2005 )


Notre pain quotidien est un film documentaire réalisé et co-produit en 2005 par Nikolaus Geyhhalter. Le script fut écrit par Wolfgang Widerhofer et Nikolaus Geyrhalter. Il est sorti en France au cinéma le 14 mars 2007.

Le film décrit des moyens technologiques employés par l'industrie agroalimentaire ou certains aspects du monde du travail, sans aucun commentaire du narrateur. Les noms des sociétés dans lesquelles le tournage du documentaire a eu lieu n'apparaissent pas à l'écran.

Le documentaire fournit des images sur le fonctionnement des plus grandes industries agroalimentaires européennes que ce soit dans le domaine de la production des fruits et légumes que dans celle de la viande. Ni musique ni commentaire ne viennent accompagner les séquences filmées. Le décor est constitué de champs, d'usines, d'abattoirs, et le réalisateur utilise de longs plans fixes y compris pour filmer les ouvriers en train de manger.


Des séquences super étonnantes...



les AMAP


L'engagement est dans le panier.

Supprimer les intermédiaires entre producteurs locaux et consommateurs pour promouvoir les petites exploitations en agriculture biologique... L'idée est japonaise et remonte aux années 60 (les teikei japonais). Elle s'est implantée depuis 2001 en France et compterait environ 1200 groupes de producteurs-consommateurs actuellement. La démarche des AMAP (Association pour le Maintien d'une Agriculture Paysanne) concilie équité avec les petits producteurs, respect de l'environnement et découverte de nouvelles saveurs à portée de bourse.

L'enjeu principal : aider l'agriculture paysanne grâce à un contrat direct avec les exploitants agricoles et ainsi, encourager le maintient d'exploitations à taille humaine.
Le fonctionnement : Le consommateur s'engage à payer d'avance pour obtenir, chaque semaine, un panier de légumes de saison. Les aléas de production indépendants de la volonté du producteur sont assumés par le consommateur dans un esprit de solidarité.
Cette démarche conviviale a le mérite de faire perdurer la convivialité et d'encourager la proximité entre producteur et consommateur (qui devient alors consomm'acteur).

http://www.amapy.fr/
http://www.reseau-amap.org/amap.php
http://fr.wikipedia.org/wiki/Association_pour_le_maintien_d%27une_agriculture_paysanne

La pomme de terre pour nourrir le monde ?


Reportage d'Arte, l'exemple du Pérou.
http://videos.arte.tv/fr/videos/perou_miraculeuse_patate-3254560.html

Le glanage alimentaire comme moyen de survie


Glaneurs des villes, glaneurs des champs. Au XIXe siècle, les glaneuses, c’était ces paysannes immortalisées par le tableau de Millet qui ramassaient dans les champs les épis ayant échappé aux moissonneurs. Cette pratique date du Moyen Âge.


On les rencontre dans les zones urbaines, villes et banlieues, fouillant dans les cageots de fruits et légumes, à la fin des marchés et dans les poubelles des supermarchés et des boulangeries. Des hommes. Des femmes. Et parfois des enfants mineurs qui se nourrissent « des restes des autres ». Des glaneurs et des glaneuses de la société de consommation. Qui sont-ils/elles ? Quelles sont leurs motivations ? Glanent-ils/elles par pauvreté ? Par nécessité ? Pour ne pas mourir de faim ? Pour des raisons éthiques et idéologiques ? Le glanage alimentaire est-il le signe de l’appauvrissement croissant de notre société ultra-libérale ?


À l’heure du chômage de masse et de la précarité accrue, cette pratique qui s’inscrit dans le cadre d’un système de débrouille revêt une dimension essentiellement urbaine. Sur les fins de marchés ou autour des poubelles des rues commerçantes, on parle dorénavant de « glanage alimentaire » ou de « glanage urbain ».

4% des émissions de gaz à effet de serre seraient imputables au secteur laitier

Selon un nouveau rapport de la FAO (Agence des Nations-Unies pour l’alimentation et l’agriculture),  les émissions imputables chaque année à l’industrie laitière industrie pèseraient 2 milliards de tonnes d’équivalent CO2,  soit 4% des émissions globales de gaz à effet de serre. Même si l’ONU concède une marge d’erreur assez élevée,  de l’ordre de plus ou moins 26%,  cela représente quand même une contribution au réchauffement climatique égale à celle des secteurs du transport aérien et des technologies de l’information réunis. Naturellement,  ces émissions proviennent de toutes les étapes du cycle de vie,  de la production de l’alimentation des bovins en passant par le chauffage ou l’éclairage des étables,  la traite,  la transformation du lait et son transport mais aussi la production de viande d’animaux issus de la filière laitière (veaux notamment). A noter : si l’on exclut la viande,  le chiffre des émissions baisse à 2, 7 % des rejets mondiaux. Sans surprise,  le premier facteur d’émissions,  avec 52% du bilan global,  est le méthane d’origine digestive généré par les ruminants (essentiellement rejeté par la bouche et le nez, sous forme de rots, contrairement à ce que l’on pense souvent) – il faut dire que ce gaz a un potentiel de réchauffement climatique 23 fois supérieur au CO2. Au total,  les émissions de gaz à effet de serre par kilo de lait ou de produits laitiers seraient donc de 2, 4 kg équivalent CO2,  soit l’équivalent de 24 km parcourus en zone urbaine avec une petite voiture !  Autant dire que chercheurs de l'Institut national de la recherche agronomique (INRA) et les entreprises du secteur,  comme Danone, ont raison de chercher des solutions du côté, par exemple, de la modification de régime alimentaire des animaux (retour à l'herbe, au lin, au lupin ou à l'oseille) qui serait, dit-on, capable de faire baisser de 10 à 15% les émissions de méthane des bovins.
D’autres études similaires devraient bientôt être conduites, avant fin 2011, sur les autres types d’élevage – de bovins,  de volailles, de porcs ou de plus petits ruminants (ovins par exemple). Cela devrait permettre d’affiner l'analyse initialement conduite par la même FAO qui concluait que l’élevage représente, dans le monde, 18% des émissions totales de gaz à effet de serre.

Steack cloné et frites OGM

Alors que la commercialisation de "viande clonée" provoque l’inquiétude en Grande-Bretagne, la décision de la France d’autoriser des semences transgéniques relance le débat sur les OGM. Des positions de Bruxelles aux critiques des écologistes, "C dans l’air" fait le point.

Le Parlement européen refuse la "colle à viande"

Le Parlement européen a refusé mercredi 19 mai d'autoriser l'usage, en tant qu'additif alimentaire, d'une "colle" permettant d'agglomérer des morceaux de viande pour reconstituer des produits carnés. Par 370 voix contre 262 — soit une voix de plus que la majorité nécessaire —, les eurodéputés ont rejeté une proposition de l'exécutif européen d'autoriser la thrombine, une enzyme issue de sang de bœuf ou de porc, dans la fabrication de produits carnés.
Les députés ont jugé que ce procédé présentait un "risque évident d'induire en erreur le consommateur" et que de plus son innocuité n'avait pas suffisamment été démontrée, notamment en raison du risque accru de contamination de la viande par des bactéries. Juste avant le vote, le commissaire chargé de la Santé, John Dalli, avait argué que l'autorisation de cette "colle" ne visait qu'à "clarifier la situation": la Commission souhaitait que la présence de l'enzyme soit obligatoirement mentionnée sur l'étiquette des produits carnés concernés.
Elle voulait de plus harmoniser les législations nationales, la thrombine étant déjà autorisée dans certains Etats membres (en Allemagne, en Belgique et aux Pays-Bas) comme "élément d'aide à la fabrication" et non comme "additif alimentaire". En outre, avait fait valoir M. Dalli, la thrombine aurait permis de mettre sur le marché des produits carnés "moins chers", puisque issus de morceaux de viande bas de gamme, ce qui en définitive aurait été "à l'avantage des consommateurs les moins aisés".

Lire la suite de l'article du Monde du 19.05.2010

Les nuggets au poulet sans leur maquillage


Ceci est du poulet séparé mécaniquement.
Les poulets sont transformés dans cette espèce de pâte sera ensuite transformée par la magie de l'industrie agro-alimentaire en délicieux nuggets.
Appétissant, n’est-ce pas?
Mais peut-être que la lecture du processus de traitement de cette patte pâte de poulet calmera votre appétit :
la pâte étant grouillante de bactérie, elle est nettoyée à l’ammoniaque, baignée dedans, pour tout dire. Comme le goût n’est vraiment pas terrible, ils ajoutent des parfums artificiels. De même pour la couleur étrangement rose bonbon, qui est trop bizarre en l’état et qui sera transformée par des colorants artificiels.

3 octobre 2010

Ilha das Flores


L'Île aux fleurs (Ilha das Flores) est un court métrage documentaire brésilien réalisé par Jorge Furtado en 1989.

Douze minutes ; c'est le temps durant lequel nous suivons le parcours d'une tomate, depuis sa production dans la plantation de M. Suzuki, jusqu'à son point d'arrivée, décharge publique de l'île aux Fleurs.

Plantations controlées au Japon


Du champ à la serre, pour finalement pousser en laboratoire.

Les déchets du porc pour faire des bonbons

La gélatine est un aliment d'origine animale appartenant à la classe des protéines. Actuellement, sur le marché, on trouve de la gélatine de porc ou de bœuf et, en quantité très limitée, de la gélatine de poisson et de volailles.

Son utilisation est très ancienne et son domaine d'application très étendu : industrie pharmaceutique (gélules, capsules), industrie alimentaire (yaourts, confiseries, plats cuisinés, charcuteries…) et diverses industries (films photographiques).

La Société HARIBO utilise essentiellement de la gélatine extraite de peaux de porcs - la plus utilisée dans l’industrie alimentaire – pour la fabrication de ses confiseries destinées au marché français et occasionnellement de la gélatine de volaille ou de bœuf pour les produits destinés à certains circuits spécialisés.

Le procédé d'obtention de la gélatine est soumis à des conditions de Ph extrêmes (très acide ou très alcalin) et à des températures très élevées, ce qui en fait une matière première particulièrement maîtrisée.

Cette matière première qui répond à de sévères normes possède des propriétés gélifiantes qui permettent d'obtenir des confiseries souples et moelleuses telles que les gélifiés (du type Oursons …) et c'est grâce à ses propriétés de foisonnement qu'on peut obtenir des mousses et ainsi confectionner des guimauves enrobées de sucre fin : Chamallows, ou de sucre cristal : Tagada, et en combinant les deux : gélifié + guimauve toute nue, on obtient des gélifiés bi-couches de type Crocodiles.

Il existe d’autres produits dit « gélifiant » d’origine végétale qui, pour le moment, ne permettent pas la fabrication de produits totalement équivalents.

Lettre écrite par la société HARIBO à un consommateur curieux.

Street fishing


Le "Street fishing", la pêche urbaine, est une activité de plus en plus tendance dans les grandes villes. A Paris, vous pouvez rencontrer ces pêcheurs le long du canal Saint Martin, sur les quai de Notre Dame de Paris, sur l’île de la Cité et même du côté de l’Arsenal. C’est une pratique sportive, qui se pratique seul, en groupe avec un matériel simple, une cane pliable qui se range facilement dans un sac. Fini les vers de terre, le street fishing s’opère exclusivement avec des leurres artificielles qui permettent d’attraper des sandres, des perches, des brochets, des gardons, des anguilles, des brèmes. Mais attention, le vrai « street fischer » pratique le « no kill ». Il ne pêche pas pour manger, mais pour s’amuser. Il relâche le poisson après l’avoir pris en photo !

AGRICULTURE : Le jardin de l’Amérique transformé en dépotoir

En Californie, l’agriculture intensive des fruits et des légumes est arrivée à ses limites. L’exemple édifiant de la Central Valley.

La petite ville agricole de Kettleman City est située en Californie, dans la Central Valley, une région de près de 650 kilomètres de long qui compte parmi les zones agricoles les plus productives du monde. Cette localité de 1 500 habitants est entourée sur trois côtés de plantations d’amandiers ou de champs de tomates et autres fruits et légumes. Peuplée en majorité d’immigrés mexicains et manquant de trottoirs et de caniveaux, c’est une commune pauvre qui n’attire généralement pas l’attention. Au début de l’année, elle a pourtant fait la une des journaux, après les révélations faites par des habitants sur les graves malformations dont souffraient au moins onze bébés nés récemment : certains étaient atteints de trisomie 21, d’autres présentaient un cerveau incomplet, une lèvre ou le palais fendus, un était mort-né et trois autres étaient morts en bas âge.

Un taux élevé de cancers

Plus que d’une anomalie statistique, cette série de malformations est vraisemblablement le résultat de facteurs environnementaux. Le drame de Kettleman City n’est qu’un exemple des conséquences auxquelles la Central Valley se trouve confrontée au fur et à mesure que l’agriculture industrielle absorbe ses ressources et contamine son environnement. Jadis qualifiée de “région agricole la plus riche de l’histoire mondiale”, cette vallée, qui abrite les quatre comtés assurant les plus grosses ventes agricoles du pays, produit davantage de cultures vivrières que n’importe quel Etat américain. On y cultive quelque 250 plantes, dont la quasi-totalité des amandes, des olives, des pistaches et des noix du pays. Mais c’est également le dépotoir de la Californie : la plupart des parcs d’engraissement intensif de bovins, des bassins de décantation du purin et des décharges de déchets dangereux sont concentrés dans cette région. Cette pollution intense, due à des pratiques agricoles destructrices et aux effets du changement climatique, a engendré une pénurie d’eau, une contamination des sols et, dans certains cas, une diminution du rendement des récoltes. Qui plus est, de nombreux habitants de la vallée, en particulier les plus pauvres, comme ceux de Kettleman City, souffrent d’un taux anormalement élevé de cancers, de maladies cardiaques, de diabètes et d’intoxications aux pesticides. La qualité de l’air et de l’eau dans certains secteurs de la vallée de San Joaquin, qui occupe la partie méridionale de la région, figure parmi les pires de la planète ; plus d’un enfant sur cinq y souffre d’asthme. Et les problèmes de santé ne sont pas seulement régionaux : il a été établi que l’apparition de certaines maladies dans d’autres régions du pays était liée à des denrées alimentaires provenant de la Central Valley.

L’eau est le problème le plus urgent de la région. Au début des années 1980, des milliers de poissons et d’oiseaux aquatiques d’une réserve naturelle située au nord-ouest de San Joaquin sont morts ou nés avec de graves malformations. La cause en a été attribuée au sélénium présent dans l’eau de drainage agricole que l’on avait mélangée à l’eau douce pour irriguer les cultures. Sur les quelque 240 hectares de terres agricoles que compte le district de Westlands Water, 40 ont été laissés en friche en raison de leur contamination par le sel, par le sélénium et par des minéraux contenus dans l’eau d’irrigation. Les récoltes sont aussi victimes de l’épuisement des écosystèmes. L’an dernier, le syndrome d’effondrement des colonies (ou CCD, Colony Collapse Disorder) – la disparition des abeilles qui assurent la pollinisation des récoltes, sans doute en partie causée par les pesticides et par le faible bénéfice nutritionnel qu’elles retirent des monocultures – a réduit de 16 % la production en amandes de la vallée, qui représente d’ordinaire 80 % de l’offre mondiale.

2 octobre 2010

Le fromage aux artisons


Le fromage aux artisons (ou fromage aux artisous) est un fromage français fabriqué en Auvergne au Puy-en Velay.
Son nom il le tire de Artison ou Artisou (de artisan) qui est le nom vernaculaire donné à certains acariens (Acarus siro) qui vont se développer sur sa croûte.
C'est un fromage exclusivement fermier à base de lait cru de vache et à pâte pressée non cuite.
Il a une forme cylindrique de 10 cm environ de diamètre et de 5 cm environ de hauteur .
Pour confectionner le fromage d'artison, on se sert de deux laits, le lait de la veille qui a été en partie écrémé et le lait du jour auquel on va ajouter de la présure qui sert à le faire cailler. Il va être ensuite moulé et salé à la main.
Il est ensuite mis à sécher pendant 2 à 5 jours et stocké sur des claies ou maies en bois de peuplier puis on déverse les acariens sur sa croûte, ils vont s'y développer pour assurer l'affinage, ils vont "sculpter" le fromage.
La durée de l'affinageeut aller de trois semaines à deux mois, plus le fromage sera vieux plus il aura de petits acariens, d'artisons sur sa croûte. Ils vont donner une saveur acide très particulière.

A carrot a day – urban farming in Helsinki


DODO is a local environmental organisation working for urban sustainable development in Helsinki. DODO updates also a blog called “Global Picnic – Cities and Food“. Last year DODO supported the rise of urban farming with its well-organised guerrilla garden project by the wasteland of the railways in Pasila. The meaning of the project was to show if it is possible to grow clean food even in the urban, high traffic areas. In addition to safe, local food crops, urban gardening makes cities cleaner and greener as they offer a nice way to boost some happy spirit within the commune.

Helsinki, as other cities in Finland, has a long tradition in growing household vegetables both in people’s own gardens and in the allotments provided by the cities. These urban green spots are so popular at the moment, that unfortunately there is not enough land for everyone. This spring, there were over 60 new greenies attending to DODO’s introducing to urban farming course.

DODO is a local environmental organisation working for urban sustainable development in Helsinki. DODO updates also a blog called “Global Picnic – Cities and Food“. Last year DODO supported the rise of urban farming with its well-organised guerrilla garden project by the wasteland of the railways in Pasila. The meaning of the project was to show if it is possible to grow clean food even in the urban, high traffic areas. In addition to safe, local food crops, urban gardening makes cities cleaner and greener as they offer a nice way to boost some happy spirit within the commune.

Helsinki, as other cities in Finland, has a long tradition in growing household vegetables both in people’s own gardens and in the allotments provided by the cities. These urban green spots are so popular at the moment, that unfortunately there is not enough land for everyone. This spring, there were over 60 new greenies attending to DODO’s introducing to urban farming course.

De l'eau pour produire les aliments


People use lots of water for drinking, cooking and washing, but even more for producing things such as food, paper, cotton clothes, etc. The water footprint is an indicator of water use that looks at both direct and indirect water use of a consumer or producer. The water footprint of an individual, community or business is defined as the total volume of freshwater that is used to produce the goods and services consumed by the individual or community or produced by the business.
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